Ce que votre métier calcule et que les autres ne calculent pas
Un chantier ne se facture pas comme une prestation. Il se facture par situations de travaux, à l’avancement, avec un pourcentage constaté qui doit être défendable ligne par ligne. S’y ajoutent des mécanismes que le reste de l’économie ignore : la retenue de garantie prélevée sur chaque situation et libérée un an après la réception, la révision de prix indexée, les travaux supplémentaires qui doivent être acceptés avant d’exister comptablement.
La sous-traitance double la mécanique. Chaque sous-traitant a son marché, ses situations, ses retenues et son autoliquidation de TVA, et il faut à tout moment pouvoir dire ce qui a été facturé au client sur un lot face à ce qui a été engagé auprès de celui qui l’exécute. C’est la comparaison la plus utile du métier et c’est presque toujours celle qui manque.
Enfin, le coût de revient réel se construit pendant le chantier, pas après. Heures pointées, matériaux sortis, location de matériel, déplacements : tant que ces quatre choses n’arrivent pas au fil de l’eau, l’écart entre le devis et le réalisé se découvre à la clôture, quand plus aucune décision n’est possible. Une entreprise qui sait au bout de trois semaines qu’un chantier dérive peut agir ; une entreprise qui l’apprend au bilan ne peut que le constater.
Ce qui se contourne à la main dans la plupart des entreprises
Ce sont les symptômes d’un métier qui compte plus finement que l’outil censé le suivre.
- Les situations de travaux sont montées dans un tableur, chantier par chantier.
- Les retenues de garantie sont suivies sur une liste séparée, et parfois oubliées à la libération.
- Les heures des compagnons sont pointées sur papier puis ressaisies en fin de semaine.
- Le coût de revient d’un chantier est connu une fois le chantier terminé.
- Ce qui a été engagé auprès des sous-traitants n’est comparable à rien en temps réel.
- Les travaux supplémentaires se négocient de mémoire, sans trace de l’accord.